Interview – Labo Shandrani x Passion Frizz

Dans les coulisses d'un laboratoire spécialisé en soins pour cheveux texturés.

1. Quel a été le déclic à l’origine de la création du laboratoire ?

Je baigne dans l’univers des cosmétiques depuis l’adolescence. Mon père travaillait déjà dans la distribution. J’ai grandi dans cet environnement.

Mais au-delà de ça, il y avait une conviction : le marché des cheveux texturés existe depuis longtemps, mais il méritait d’être structuré avec exigence laboratoire, rigueur technique et vision long terme.

2. Si vous deviez expliquer à quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds dans un laboratoire comment naît vraiment un produit capillaire, que lui diriez-vous ?

Un produit capillaire naît toujours d’une problématique précise. On ne commence jamais par “faire un shampoing”, on commence par identifier un besoin : hydratation, casse, cuir chevelu sensible, alopécie de traction, manque de définition…

Ensuite, on mène une recherche approfondie sur les actifs adaptés au type de cheveux ciblé — qu’il s’agisse de cheveux bouclés, frisés, crépus ou locks. On sélectionne des ingrédients cohérents, on travaille les dosages, puis on entre dans une phase d’essais.

Il y a des tests sur panel, des ajustements, des reformulations.

Puis viennent les étapes obligatoires : test de stabilité, challenge test (indispensable pour les formules contenant de l’eau), constitution du DIP (Dossier d’Information Produit), conformité européenne via le portail CPNP.

Créer un soin capillaire de qualité prend du temps. En moyenne, entre un et deux ans.

3. Selon vous, qu’est-ce qui est indispensable pour créer un produit de qualité pour les cheveux texturés ?

Identifier précisément la problématique.

On ne peut pas formuler efficacement sans comprendre la nature du cheveu, sa porosité, ses besoins spécifiques. Ensuite vient le choix des actifs adaptés et leur cohérence dans la formule.

Un bon produit n’est pas celui qui contient le plus d’ingrédients, mais celui dont chaque ingrédient a une fonction claire.

4. Qu’est-ce qu’un consommateur devrait absolument savoir lorsqu’il choisit un produit capillaire aujourd’hui ?

Il doit savoir ce qu’il recherche : hydratation, définition, purification, renforcement…

Il ne faut pas choisir uniquement en fonction de la notoriété. Les informations essentielles sont sur l’étiquette : liste INCI, revendications, ordre des ingrédients.

Un produit efficace repose sur la transparence et la cohérence.

5. Pourquoi avoir choisi de développer plusieurs gammes distinctes plutôt qu’une seule identité globale ?

Parce que tous les cheveux texturés n’ont pas les mêmes besoins.

Les boucles naturelles, les locks ou les coiffures protectrices nécessitent des approches différentes. La spécialisation permet une formulation plus précise, une communication plus cohérente et une meilleure réponse aux attentes réelles.

Ce n’est pas un choix marketing, c’est un choix technique et stratégique.

6. Pourquoi était-il important de créer une gamme spécifiquement dédiée aux locks ?

Les locks ont longtemps été stigmatisées, y compris dans le milieu professionnel.

Mais surtout, il existait un vrai manque de produits adaptés en France. L’entretien des locks demande des soins spécifiques : purification du cuir chevelu, hydratation régulière, gels sans résidus.

Il y avait un besoin réel. Nous avons choisi d’y répondre, malgré les risques.

7. Pouvez-vous nous présenter l’univers et la mission de Curl Hibiscus ?

Curl Hibiscus est née d’un travail de deux ans.

L’idée était de créer une gamme dédiée aux cheveux bouclés, frisés et crépus, avec un actif central fort : l’hibiscus.

8. Pourquoi l’hibiscus s’est-il imposé comme actif central ?

L’hibiscus est polyvalent : hydratation, gainage, aide à la repousse.

Il fonctionne dans différentes textures de produits — shampoing, gelée, spray — et apporte aussi une dimension sensorielle forte.

Un ingrédient signature doit être cohérent dans toute la gamme. L’hibiscus remplissait ces critères.

9. Qu’est-ce qui a motivé le rebranding de Curl Hibiscus ?

Le rebranding n’est pas uniquement esthétique.

Il répond à une stratégie : adapter le packaging aux codes du retail, gagner en visibilité en rayon et accéder à de nouveaux marchés.

Dans l’industrie cosmétique, l’image compte autant que la qualité.

10. Qu’aimeriez-vous voir changer dans l’industrie capillaire dans les prochaines années ?

Nos rayons ne sont pas représentatifs du marché.

Les cheveux texturés occupent encore une place limitée dans de nombreuses enseignes, alors qu’ils représentent une part importante de la population.

Nous aimerions voir :

Plus de représentation

Moins de discrimination capillaire

Plus de transparence dans la formulation

Et une vraie reconnaissance des besoins spécifiques

11. Au-delà des produits, qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de votre marque ?

Que derrière chaque produit, il y a du travail, des tests, des ajustements.

Nous avons traversé des étapes difficiles pour en arriver là.

Et l’aventure ne fait que commencer.

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